Samedi 14 novembre 2009
                     
L'AFRIQUE A-T-ELLE VOCATION A RECEVOIR LES DECHETS DU MONDE ?



Un exemple


Lu pour vous

                                           Ouest-France, 13 / 11 / 09

OUF !
                               
                           


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Samedi 7 novembre 2009

LES AFRICAINES ET LE SYNDROME DE LA MELANINE

CAMPAGNE CONTRE LE BLANCHIMENT DE LA PEAU !


      20% des femmes noires originaires d'Afrique et des Antilles et rédisant à Paris se blanchissent la peau à l'aide de produits dangereux pour leur santé. 
           La campagne initiée par la mairie de Paris le 3 novembre 2009 avec ce slogan "séduire ... oui ! Se détruire ... non !" vient à point nommé (il est simplement significatif qu'une telle campagne soit lancée à Paris et non à Accra, à Lagos ou à Dakar).
           On peut aussi considérer qu'au lieu de porter sur les seuls dangers du blanchiment de la peau, elle rendrait un insigne service aux Africaines si elle pouvait mener celles-ci à une prise de conscience de leur beauté naturelle qui devient laideur sous les perruques blondes.
          Beaucoup d'Africaines vivant en France (ailleurs aussi) ont totalement manqué le rendez-vous de l'esthétique.
          L'argument avancé par le président du Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN), pour expliquer cette pratique du blanchiment de la peau, me paraît insuffisant, fort en dessous des réalités. Selon M. Patrick Lozès "si certaines Françaises se blanchissent la peau, c'est qu'il existe dans notre pays une forme de hiérarchie mélanique : les sondages montrent que les Noires sont deux fois plus victimes de discriminations que les métis."
          Certes. Mais il s'agit en l'occurrence, avant tout, d'une question de santé individuelle et publique. Ensuite, cela va évidemment au-delà de la peau et touche au plus profond du mental et du culturel. Ce n'est qu'un des aspects du complexe colonial.(1) A cet égard, que l'argument du président du CRAN est décalé ! M. Lozès a-t-il parcouru les rues des principales villes d'Afrique, celles du Ghana, du Nigeria ou du Sénégal ... ? Le phénomène du blanchiment de la peau étant apparu depuis bien longtemps dans ces pays.
          En plus du complexe ci-devant évoqué, certaines femmes africaines qui pratiquent le blanchiment,  sont motivées par le souci de séduire leurs hommes, qui, apparemment sont demandeurs. L'un des produits les plus utilisés à cette fin, et des plus nocifs, contenant de l'hydroquinone (interdit dans l'Union européenne et aux Etats-Unis dans les cosmétiques) est importé d'Afrique où curieusement aucune autorité politique  - à ma connaissance -  n'a songé à l'interdire.
          Cette pratique du blanchiment de la peau appartient à la même motivation que l'usage des perruques ou maquillages inappropriés. 
          Quelle gifle pour les théoriciens de la "Négritude", et surtout quel camouflet cinglant pour le poète sénégalais, Léopold Sedar Senghor, porte-flambeau de cette Négritude, chantre et promoteur impénitent des valeurs noires et de la beauté naturelle de la femme africaine !

   Femme nue, femme noire
Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté
[..]
Femme nue, femme obscure
Savane aux horizons purs,
Savane qui frémit aux caresses du vent de l'Est
[..]
Gazelle aux attaches célestes, les perles sont étoiles sur la nuit de ta peau"

          Hélas ! M. le Poète ; "femme noire", pour notre malheur, n'a plus ni forme ni peau !



(1) : Un prochain ouvrage abordera les racines du phénomène dans une analyse approfondie du complexe colonial.

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Lundi 2 novembre 2009

DES AFRICAINS A VERSAILLES

         
Les relations entre Français et Africains restent à écrire, pour l'essentiel, au-delà des rapports de nature strictement politique ou marchande.
          Il existe tout un pan ignoré, en tout cas fort peu abordé (rapports d'avant colonisation notamment). Ce "pan caché" gagnerait cependant à être davantage exploré et mis en lumière pour permettre une lecture plus conforme aux réalités des relations multiséculaires entre deux peuples à la fois si éloignés et si proches l'un de l'autre.
          Les contacts furent nombreux et de qualité entre les rois de France et les Africains. Ce sont ces rois de France qui frayèrent le chemin. Si Louis XIV n'innonve pas en ce domaine (Zaga-Christ, fils supposé du Négus d'Ethiopie, s'était rendu en France et fut reçu à la cour du roi), il fut incontestablement celui qui laissa le plus de témoignages et qui manifesta le plus grand intérêt au continent. Ce qui peut paraître contradictoire, avec la promulgation du "Code noir" par le roi en 1685 (1), pour un homme d'aujourd'hui mais qui était un progrès pour l'époque.
          Il est incontestable que le règne du Roi-Soleil enregistra le plus grand nombre de visiteurs africains parmi lesquels deux sont éminemment représentatifs parce que les mieux connus : Matéo Lopez, ambassadeur du roi d'Ardres en 1670 et Aniaba, prince supposé.
          L'ambassadeur Matéo Lopez fut reçu avec faste et solennité, avec tous les honneurs dus à son rang, non seulement par Louis XIV en personne, mais aussi par la Reine, le Dauphin, le Duc d'Orléans, ainsi que par les Grands du royaume. Il fut très fortement impressionné et par cette réception, et par les "merveilles de France", au point d'affirmer "qu'il ne fallait rien voir sous l'univers après avoir vu la France". Il fut honoré par le Roi qui manifesta à travers lui mille égards pour le souverain d'Ardres. Ce dernier avait fait présent à Louis XIV de deux javelines remises par son ambassadeur. Le présent que Louis XIV fit en retour au roi d'Ardres par le même émissaire, témoigne par sa valeur de l'importance qu'il accordait à ses relations avec ce roi : un riche fauteuil, le portrait encadré de Louis XIV, deux grands miroirs encadrés, huit tapisseries de Beauvais, différentes étoffes précieuses et brocarts.



          Quant à Aniaba, il fut sans aucun doute la personalité africaine la mieux reçue à la cour de Louis XIV (si l'on en croit les archives) et dont le souvenir est resté le plus vivace, à la fois comme symbole des rapports entre la France et l'Afrique, mais aussi de l'intérêt du roi pour ce continent, ainsi que du respect qu'il avait pour ses souverains. Arrivé à la cour de Louis XIV en 1688, les Français le traitèrent en prince, et comme tel, il fut baptisé en 1692, en grande pompe à Notre-Dame où il fut accompagné par Bossuet, précepteur du Dauphin.
          Louis XIV assista à la cérémonie en tant que parrain, et à cette occasion, lui donna son nom : Aniaba devint alors Louis Aniaba par la grâce du roi de France. Il servit ensuite dans l'armée du roi. Lous XIV le nomma capitaine dans la cavalerie française.
           En 1700 il résolut de retourner dans son pays d'où il établit une correspondance régulière avec le roi de France, son parrain, jusqu'à la mort de ce dernier.
           Mais la cour des rois de France ne recevait pas que des ambassadeurs ou des princes africains. Elle comprenait également parmi ses serviteurs, des domestiques noirs. Sous Louis XIV, plus précisément vers la fin du 17e siècle naissait en France la mode de la domesticité noire et surtout à partir du moment où de "nouveaux riches" des Antilles commencèrent à revenir s'établir en métropole. Les Noirs domestiques en France provenaient soit directement d'Afrique, soit des Antilles (mode plus ancienne au Portugal, en Espagne et en Italie où elle date du 16e siècle environ).

(1) En effet, il nous paraît étrange aujourd'hui que cette ordonnance (dont un certain nombre des dispostions étaient visiblement inspirées par l'Eglise) ait été considérée à l'époque comme apportant des progrès sensibles au sort de l'esclave en donnant notemment une existence légale et en limitant le pouvoir tout puissant de son maître. C'était la lecture qu'en faisait Louis XIV lui-même. De fait, le Code noir ne semble apporter aucun progrès par rapport aux pratiques habituelles les plus barbares qui puissent être imaginées. Il aura simplement conféré à l'esclave un statut intermédiaire entre les biens meubles et les hommes libres. 

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Mardi 27 octobre 2009



                             UN MOT, DEUX VISIONS



          Qui ne voit d'emblée ce que recouvre le concept de "liberté" en Europe?
          Et en Afrique, quel contenu, quelle pratique ?
          En Europe, la liberté est surtout née et a pris corps face au carcan féodal du 11e et 19e siècle. C'est elle qui fut créatrice de l'économie et de la vie du capitalisme. Laisser l'individu libre, le laisser aller, le laisser faire, cette

revendication fut un des piliers du capitalisme naissant. Et l'égalité politique qui était réclamée était nécessaire pour mettre l'individu et ses biens éventuels à l'abri de l'arbitraire féodal. La liberté politique [qui en est le prolongement]
 fonde pour l'individu le droit de participer aux affaires de la Cité. Mais pour l'Occident, cette liberté doit s'étendre jusqu'au refus.

         
Ainsi, c'est dans la mesure où l'individu peut dire non sans risque, qu'il peut atteindre la plénitude de la liberté. Le refus est le point culminant où l'individu se réalise dans toute sa liberté ; le refus peut être absolu, catégorique.
          Non ! Je refuse ! Là réside sans doute la différence fondamentale entre les deux systèmes de valeurs.
          En Afrique, l'individu ne se réalise que dans le groupe. Il ne peut dire non au groupe, c'est-à-dire la famille (surtout la belle-famille qui le menacerait de reprendre sa fille, et pour lui le risque de perdre la face), à la famille élargie, au clan. Ce serait signer son acte de mort sociale. La conséquence immédiate du refus en effet, c'est l'ostracisme. Autrement dit, sans le groupe, point d'existence pour l'individu, point de salut. C'est le groupe qui fait l'individu et lui confère son identité.
          La relation individu-groupe est une question essentielle en Afrique. L'évolution constatée du fait de l'urbanisation galopante et de la mondialisation de l'information, qui rogne des pans entiers de la tradition, est loin de rendre cette question caduque.
          Mais la fusion de l'individu dans le groupe, dans la mesure où cela ne lui autorise ni autonomie de pensée et d'action, ni responsabilité directe de ses actes, est-elle favorable au développement de ses potatialités, de sa personnalité ?

(Tous les avis sont les bienvenus)
(A suivre)


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Dimanche 18 octobre 2009

LA MYTHOLOGIE DU CHEF

          Le drame qui se joue en Guinée depuis le 28 septembre découle d'une culture politique qui n'est pas propre à ce pays ; elle est largement partagée en Afrique.
          Le culte du chef est bien une réalité dans ce continent où persiste un véritable mythe du chef qui, couplé à la conception qu'on se fait généralement de la politique, ne peut qu'engendrer de sanglantes épreuves de force.
          Dans l'imaginaire traditionnel, peu importe ce qu'il fait. Le chef reste le chef. C'est lui qui "a" et qui "peut", mais pas qui "doit". Au contraire, c'est celui "à qui on doit". Même élu, il est chef ou président par la "Grâce de Dieu" et non par le suffrage des citoyens.
          Par conséquent, s'opposer à lui est un sacrilège qui demande beaucoup de courage et d'abnégation. Toute opposition frontale s'apparente à un sacrifice de soi (de soi et des siens).
          Il n'empêche, ces opposants, ces victimes qui acceptent le martyre pour dire non ! ou ça suffit ! voilà l'espérance en Afrique.
          Au-delà du chef, c'est la culture politique elle-même qui reste à réviser. Changer de mentalité, à cet égard, pour intégrer dans les consciences que le chef est chef pour servir le peuple et non pour se servir du peuple. Pour donner au peuple et non s'enrichir aux dépens du peuple. Pour servir et donner à tout le peuple et non à sa famille ou à son clan. Cette "confession" d'un ancien chef d'Etat africain (du Burundi), Piere Buyoya, arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat en 1987, et qui, après quelques années passées à la tête du pays, a décidé de se retirer, après, pensait-il avoir mis celui-ci sur la bonne voie, celle qui mène à la démocratie, est un indice révélateur.

Quand vous arrivez au pouvoir, vous avez derrière vous un groupe de personnes, une ethnie, des forces. Lorsque vous voudrez partir, vous prendrez cette décision seul et contre tous. Ceux-là qui vous ont aidé et servi, refuseront que vous partiez et menaceront même votre vie.

          Autrement dit, le pouvoir, c'est la propriété exclusive d'un homme, d'une famille, d'un clan. C'est cette idée de la politique qui doit changer pour que les mots "République", "Démocratie" aient un quelconque contenu en Afrique. Sinon ce continent demeurera encore longtemps cette pépinière riche de Dadis Camara, de Sékou Touré, de Lansana Conté et autres Amin Dada ... qui se succéderont sur le trône des "Républiques" d'Afrique.
                          

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