POLITIQUE

Dimanche 29 avril 2007

MOBILISATION CIVIQUE

Election présidentielle 2007 :

     1er Tour, taux de participation : près de 85% !

Cette victoire, c'est avant tout celle de la démocratie et de l'idéal républicain.

On ne se réjouira définitivement de ce sursaut civique des jeunes, ceux des banlieues tout particulièrement que lorsque ces derniers  - qui se sont massivement inscrits sur les listes électorales et qui ont massivement voté le 22 avril 2007 -  en tireront la conclusion définitive :

   1.  Que manier le bulletin de vote doit permettre à tout jamais d'éviter la tentation de brûler des voitures ou des bus de transport en commun. Plutôt voter le jour en pleine lumière que brûler des voitures la nuit à la faveur des ténèbres.

    2. Que le privilège que confère l'exercice du droit de vote s'accompagne de l'assimilation des notions de droits et de devoirs, du lien intrinsèque entre droits et responsabilités, bref de la primauté de l'esprit civique sur l'esprit du désordre et du non-droit.     3. Que tous se sentent honorés de l'exercice démocratique et soient fiers d'eux-mêmes et fiers de la France.

    4. Enfin que si cette mobilisation civique du 22 avril 2007 se vérifiait dans les scrutins autres que celui de l'élection présidentielle, aujourd'hui et demain, de tous les scrutins.

    Puisse le 22 avril 2007 demeurer ce jalon à marquer d'une pierre blanche, parce que porteur d'espérance pour le renouveau de la démocratie et de l'esprit civique en France.

   

Par Tidiane Diakite
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Dimanche 3 juin 2007

Après l'élection présidentielle du 06 mai 2007 en France, les Etats africains restent dans l'expectative. Certains chefs d'Etat se demandent si les choses vont continuer comme avant. Si les liens historiques entre la France et le continent africain vont connaître une rupture majeure.

Mais dans l'intérêt des Africains en tout premier lieu, comme dans l'intérêt des relations francoafricaines en général, il serait hautement souhaitable que ces rapports soient désormais frappés du sceau de la clarté, d'un glasnost  sans retour.

Trop de mauvaises habitudes ont été prises et enracinées depuis si longtemps ! Assainir ces relations en les débarrassant à jamais des officines secrètes et occultes, tenir le langage de la vérité, celui du courage politique et de la responsabilité, en mettant un terme au soutien accordé à des chefs d'Etat corrompus et incompétents, maintenus au pouvoir à coup de devises et d'hypocrisie, constitue un préalable incontournable pour qu'enfin des relations de peuple à peuple prévalent sur les relations de personne à personne, de chef à chef, de clan à clan...

   Que les peuples africains et le peuple français soient désormais au coeur des relations francoafricaines.

  L'Afrique a trop longtemps souffert des agissements de véritables prédateurs des ressources et de l'image du continent, affublés de faux manteaux de "président de la République". De véritables prédateurs d'avenir.

   Puisse le nouveau pouvoir installé en France depuis le 06 mai 2007 prendre conscience à temps de ces réalités, en vue d'ouvrir une nouvelle voie, des perspectives nouvelles porteuses de progrès dans les relations francoafricaines.

Par Tidiane Diakite
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Samedi 16 juin 2007

     ?   Pourquoi les jeunes ont-ils massivement voté le 06 mai 2007 à l'élection présidentielle et pourquoi ont-ils massivement déserté les urnes le 10 juin 2007 aux élections législatives (record absolu d'un premier tour d'élections législatives de toute l'histoire de la 5e République) ?

        Des arguments pour justifier cette désertion civique sont avancés :

        - lassitude ?

        - Indifférence ?

        - météo printanière ?

        - effluves annonciateurs des vacances ?

        - ... ?

        Certes. Mais encore !

        Arguments aussi incomplets que trompeurs. L'essentiel de l'explication est ailleurs : l'inculture civique et le déficit de sens de la démocratie l'ignorance coupable des institutions sur lesquelles reposent les fondements de la nation et le fonctionnement de la démocratie.

        Des notions élémentaires et essentielles à la culture civique, celles qui font le citoyen, font défaut à bon nombre de Français.

        - Qu'est-ce qu'un député, et pourquoi des députés ?

        - Qu'est-ce qu'un conseiller général, et pourquoi un conseil général ?

        - Qu'est-ce qu'un maire, et pourquoi un conseil municipal ?

        - ... ?

        Bref, qu'est-ce que la démocratie et pourquoi la démocratie ?

        Et la République, et ses principes ?

        Les médias pourraient être utiles  en menant une enquête exhaustive afin de jouer en la matière un rôle pédagogique salutaire d'éveilleur de conscience civique.

       “

Par Tidiane Diakite
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Dimanche 8 juillet 2007

ADIEU LA FRANCE, VIVE LA CHINE ?

L'Afrique fut ce jardin privé où les Français ont joué seuls, à huis clos, pendant plus de 100, voire 200 ans. Aujourd'hui, ils quittent le jardin sans un regard. Le temps des belles colonies est bel et bien révolu, la fièvre des indépendances y a mis le feu.

Les Chinois prennent possession des lieux, investissent le continent, sans armes ni  conquête, s'y installent calmement, à demeure.

A la différence des Français et des Américains, ils n'y envoient pas de troupes armées pour conquérir un espace déterminé ou pour aider tel chef d'Etat africain en difficulté à se maintenir au pouvoir et sauver son régime.

Non, les Chinois y vont pour exploiter les ressources naturelles : pétrole et matières premières diverses. Peu leur importe qu'ils soient dans un pays de dictature féroce d'où sont bannis les vocables : liberté, droits de l'homme, respect des individus et des biens ... . Faisant fi des violations flagrantes des droits humains, ils nouent des amitiés avec le pouvoir en place en sorte qu'il facilite la marche vers leurs objectifs, moyennant la mise en place d'infrastructures de première nécessité (routes, autoroutes, voies ferrées, aéroports, hôpitaux ...) mais objectifs strictement et exclusivement matériels.

Ils ouvrent la voie dans laquelle s'engouffrent d'autres nations : Japon, Inde, Corée ... . L'Afrique serait-elle la pourvoyeuse universelle, ad vitam aeternam de produits bruts ?

La présence des Chinois, Japonais, Coréens et autres Brésiliens, est-ce une chance pour l'Afrique ?

Multiplier les partenaires à l'échelle mondiale, à l'inverse du "pacte colonial" ne peut être en soi condamnable, bien au contraire, à la condition que l'on puisse s'enrichir de la diversité des expériences et des apports. S'agissant de l'Afrique, à condition qu'elle offre à son tour au monde autre chose que des produits primaires, qu'elle transforme, façonne, crée, envoie au monde d'autres Africains que des immigrés clandestins ou des réfugiés politiques aux abois, "Sans Patrie", mais des spécialistes en toutes sciences, des savants, des hommes d'affaires, bref, des compétences, en Chine, en Inde ou ailleurs, qui fécondent le patrimoine universel. Si tel est le cas, alors, "l'Afrique aux couleurs de la Chine" aura été pour les Africains facteur de progrès, l'Afrique étant sortie de sa marginalité historique.  

                    

Par Tidiane Diakite
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Vendredi 25 avril 2008





      AFRIQUE ET            DEMOCRATIE
Où en est-on ?


 

          Le Sommet France-Afrique est l'une des deux institutions (uniques au monde) incarnant la spécificité des rapports qui lient la France au continent africain ; la deuxième institution étant le Sommet de la francophonie, laquelle est élargie à d'autres nations francophonesdu monde même si le concept est né en Afrique francophone, à l'initiative de chefs d'Etat africains.
          Le Sommet France-Afrique fut inauguré sous le septennat du président Georges Pompidou en 1973. Depuis 1988, il se réunit tous les deux ans en alternance avec le Sommet de la francophonie.
          En 1990, le Sommet s'est réuni à La Baule. Celui-ci, qualifié d'historique, devait marquer  un tournant dans la politique de la France à l'égard de l'Afrique. En effet, soulignant le lien entre aide, démocratie et développement pour la première fois, le président François Mitterrand déclarait que l'aide française serait plus "tiède" pour les régimes autoritaires et "enthousiaste" envers ceux qui s'ouvriront à la démocratie. En d'autres termes, l'aide de la France à l'Afrique serait désormais liée aux progrès réalisés dans la démocratisation au sein des Etats.
          Des institutions internationales : Fonds Monétaire International (FMI), Banque mondiale et Union européenne même adoptèrent la même attitude à l'égard de l'Afrique en subordonnant l'aide à la pratique de la "bonne gouvernance". Ce sont les fameuses "conditionnalités". L'aide ne devait plus être octroyée sans conditions ni contrepartie.
          Est-ce un harsard ?
          1990 ! Le mur de Berlin n'est plus. Le bloc de l'Est vacille. C'est la fin de la guerre froide. Ceci signifie pour l'Afrique que ses gouvernants ne bénéficieront plus de cette "manne", l'aide sans contrepartie, assurée et garantie, déversée sous forme de pluies de devises sur la tête des dirigeants africains.
          Bloc de l'Est et bloc de l'Ouest, à qui mieux mieux, chacun tentant d'avoir le plus de fidèles possibles sous sa chapelle idéologique. Pour cela il suffisait d'arroser les responsables africains, au besoin, en les aidant à tenir à merci leurs populations. L'Afrique bénéficia longtemps de cette rente stratégique générée par la guerre froide.
          Après le sermon de La Baule et l'avènement de l'ère des "conditionnalités", plusieurs chefs d'Etat africains ont compris le message et savamment contourné son esprit. Démocratie, multipartisme, liberté d'expression ? Soit. Qu'à cela ne tienne. Il y aura bien multipartisme, naissance de multiples partis politiques, de même organisation d'élections dites libres, liberté de la presse...
          Mais, qu'est-ce qu'une démocratie sans droits de l'homme ? Le président organise volontiers des élections, mais à condition qu'il les remporte, à coup sûr. "Je ne permettrais jamais à l'opposition d'arriver au pouvoir", jure l'actuel président du Zimbabwe, profession de foi entonnée par l'armée et la police à sa solde.
          Qu'est-ce qu'une opposition sans droits ni moyens d'expression ?
          Qu'est-ce que la liberté de la presse si les directeurs de journaux et les journalistes sont baillonnés, arrêtés, enfermés, liquidés ?
          A croire que les élections sont le prétexte recherché pour massacrer et éliminer les opposants. Le Zimbabwe (où les résultats de l'élection présidentielle du 29 mars 2008 ne sont toujours pas publiés à ce jour, 25 avril 2008, la vérification des bulletins imposée par le chef de l'Etat se déroulant toujours dans son bureau) n'est malheureusement pas le seul à s'illustrer ainsi dans ce déni flagrant de démocratie. Il y eut le Kenya, mais aussi le Togo ou la Côte d'Ivoire.
          Ailleurs, la tendance c'est la monarchisation de la République, la Constitution étant "retouchée" perpétuellement afin de permettre l'élection à vie du président.
          Le coût payé par ce déni de démocratie est lourd. La frustration qu'il engendre parmi les populations est lourde de dangers pour l'esprit de nation et le progrès économique et social. Elle se traduit par la mauvaise gestion des affaires de l'Etat et le cycle désastreux : répression, régression.
          Quand un régime réprime le désir et les tentatives légitimes de ses citoyens de disposer des mécanismes de prise de décisions démocratiques, inscrits dans les textes officiels et les Institutions, il les pousse inéluctablement à la violence.
          Certes, des exemples contraires à la règle : Sénégal, Mali, Bénin ou Ghana autorisent l'espoir, mais ces expériences démocratiques, pour être confirmées, ont besoin de la caution du temps.








Par Tidiane Diakite
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