Mardi 27 octobre 2009 2 27 /10 /2009 11:36



                             UN MOT, DEUX VISIONS



          Qui ne voit d'emblée ce que recouvre le concept de "liberté" en Europe?
          Et en Afrique, quel contenu, quelle pratique ?
          En Europe, la liberté est surtout née et a pris corps face au carcan féodal du 11e et 19e siècle. C'est elle qui fut créatrice de l'économie et de la vie du capitalisme. Laisser l'individu libre, le laisser aller, le laisser faire, cette

revendication fut un des piliers du capitalisme naissant. Et l'égalité politique qui était réclamée était nécessaire pour mettre l'individu et ses biens éventuels à l'abri de l'arbitraire féodal. La liberté politique [qui en est le prolongement]
 fonde pour l'individu le droit de participer aux affaires de la Cité. Mais pour l'Occident, cette liberté doit s'étendre jusqu'au refus.

         
Ainsi, c'est dans la mesure où l'individu peut dire non sans risque, qu'il peut atteindre la plénitude de la liberté. Le refus est le point culminant où l'individu se réalise dans toute sa liberté ; le refus peut être absolu, catégorique.
          Non ! Je refuse ! Là réside sans doute la différence fondamentale entre les deux systèmes de valeurs.
          En Afrique, l'individu ne se réalise que dans le groupe. Il ne peut dire non au groupe, c'est-à-dire la famille (surtout la belle-famille qui le menacerait de reprendre sa fille, et pour lui le risque de perdre la face), à la famille élargie, au clan. Ce serait signer son acte de mort sociale. La conséquence immédiate du refus en effet, c'est l'ostracisme. Autrement dit, sans le groupe, point d'existence pour l'individu, point de salut. C'est le groupe qui fait l'individu et lui confère son identité.
          La relation individu-groupe est une question essentielle en Afrique. L'évolution constatée du fait de l'urbanisation galopante et de la mondialisation de l'information, qui rogne des pans entiers de la tradition, est loin de rendre cette question caduque.
          Mais la fusion de l'individu dans le groupe, dans la mesure où cela ne lui autorise ni autonomie de pensée et d'action, ni responsabilité directe de ses actes, est-elle favorable au développement de ses potatialités, de sa personnalité ?

(Tous les avis sont les bienvenus)
(A suivre)


- Publié dans : CULTURE
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