

Le Blog de
Tidiane DIAKITE
A QUAND LA SORTIE DU TUNNEL ?
Le cas de la Guinée mérite réflexion. Cas symptomatique à plus d'un titre.
- la géographie : un pays outrageusement doté par la nature. Pays aux richesses fabuleuses où la population cependant croupit dans la pauvreté et
de dénuement.
- l'histoire : la difficulté à se gouverner selon des principes démocratiques simples, qui respectent la personne et le droit.
Le 28 septembre 1958, la Guinée, par la voix de son leader Sékou Touré, à la tête du Parti démocratique de Guinée, dit
non, avec véhémence et outrance, au nom de la liberté et de la dignité, à la proposition du Général de Gaulle de former "l'Union
française" comprenant la France et ses anciennes colonies.
La Guinée fit le choix de l'indépendance, première colonie d'Afrique à sortir ainsi du giron de la France.
Sékou Touré, le premier et charismatique président, suscita, par cet acte héroïque face à la France, respect et admiration en Afrique et dans le monde.
Après 26 ans de "règne", il laissa à sa mort, un bilan des plus calamiteux :
- des milliers de morts, fusillés ou pendus,
- des millions de Guinéens contraints à l'exil,
- un pays exsangue, sans économie ni perspective,
- des Guinéens désemparés.
Dans la capitale Conakry, en 1984, les chèvres erraient dans les ministères vides et délabrés.
Le nouveau chef de l'Etat guinéen autoproclamé en 2008, transforma la fête nationale du 28 septembre 2009 en véritable carnage national : 157 morts recensés et 1253 blessés sous les balles
de sa garde prétorienne.
La capitale guinéenne a été le théâtre des journées les plus sanglantes du dernier quart de siècle sur le continent
africain. (Ouest-France, 29 septembre 2009).
Ce "capitaine-chef d'Etat", D. Camara, avait succédé à un "général-président", L. Conté, arrivé également au pouvoir par
un coup de force, avant de mettre le pays en "coupe réglée" pendant 24 ans. Il eut en ligne de mire, durant cette période, ceux qu'il qualifiait de "droits
de l'hommistes" et qu'il jurait d'exterminer totalement dans son pays. En la matière, il est loin d'apparaître comme une espèce rare en Afrique.
Comment expliquer que les dirigeants africains qui se sont gargarisés des mots "liberté" et "démocratie" avant l'accession à l'indépendance, soient aujourd'hui dans l'incapacité de
gouverner selon ces principes démocratiques qu'ils prônaient ?
Faut-il incriminer une certaine culture ancienne ou une main extérieure ? Sans doute les deux.
S'il a pu y avoir à la tête de la Guinée ce chef d'Etat autoproclamé en 2008, responsable de tant de morts et de blessés, en une seule journée en 2009, c'est qu'avant lui ce pays connut un chef
d'Etat du nom de Sékou Touré qui régna en maître absolu pendant 26 ans, auquel succéda un général-président, Lansana Conté, arrivé au pouvoir à la faveur d'un putsch, et qui régna sans partage 24
ans durant.
Dadis Camara est le fils posthume de ses deux prédécesseurs. Il est né de la même culture politique, il agit et agira, mû par la même culture politique. Après lui, un autre ? De la même filiation
? Qui se nourrira de la même culture politique ?
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