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18 octobre 2006 3 18 /10 /octobre /2006 15:52

La sociologie du Parlement en France est un indicateur et un bon observatoire de la place de la femme dans la vie publique française. L’actuelle Assemblée élue le 16 juin 2002 est la reproduction quasi parfaite, à l'identique, des précédentes malgré la loi sur la parité du gouvernement Jospin. On pourrait étendre la comparaison par simple curiosité. En 1967, la répartition des candidats par sexe est la suivante :

           Hommes : 2126.

           Femmes : 64.

          Sur un total de 470 députés élus, l'Assemblée compte 9 femmes. A la même date, l'Allemagne Fédérale avait 41 députées.

          En 1968 la répartition des candidats est la suivante :

          Hommes : 2190.

         Femmes : 75.

        A l'issue des élections on compte 8 femmes élues sur 470 députés. La situation est quasi identique en 1973, où les candidats se répartissent ainsi :

       Hommes : 2823.

       Femmes : 200.

      A l'arrivée, la composition de l'Assemblée par sexe est de 8 femmes sur un total de 473 députés.

      Si en 2002, le nombre de députés est sensiblement relevé, passant de 470 en 1967 à 577, la stagnation du nombre de femmes députées est constante. A quoi l'octroi du droit de vote et d'éligibilité aura-t-il servi si les femmes, 62 ans après, ne peuvent se faire élire malgré leur supériorité numérique dans la population et dans l'électorat du pays ? Si la parité est acquise dans les textes, la culture de parité reste à conquérir dans les têtes.

       Au-delà de la place de la femme dans la représentation nationale, la sociologie de cette Assemblée permet de mettre en lumière quelques lignes de fracture qui traversent notre société. L'accès à la représentation du peuple est-il une affaire de classes, de clans ou de réseaux ? Où sont les ouvriers, artisans et paysans ? Où sont ces citoyens français issus de l'immigration, notamment en provenance d'Afrique ? Les professions les plus représentées sont prioritairement celles du secteur public : fonctionnaires, enseignants, haute fonction publique totalisent 35,6% de l'Assemblée de 2002, soit 205 députés sur 577. Ce total atteignait 255 dans l'Assemblée élue en 1981 et 241 dans celle de 1997. Le secteur privé y est présent par ses cadres : chefs d'entreprises, administrateurs de sociétés. D'une manière générale, les professions libérales : médecins, avocats, architectes, journalistes arrivent en deuxième position derrière les fonctionnaires.

         Au bas des marches, se regroupent, sur les travées, 24 ouvriers et employés, 12 agriculteurs, 9 artisans et commerçants (Assemblée de 2002).

          Or, proportionnellement à la population du pays, ces chiffres sont inversés. En effet, les professions libérales comptent pour 1,3% des actifs, mais presque 20% de l'Assemblée nationale. Quant aux fonctionnaires, ils constituent à peine 20% de la population active mais 35,5% des députés. Enfin, le gros de la population active nationale, les ouvriers et employés : 57%, voit sa supériorité numérique réduite à une peau de chagrin : 4% de l'Assemblée nationale.

            Combien de député…es 

            Combien d’ouvriers 

           Combien de citoyens issus de l’immigration élus au Parlement au lendemain des législatives de juin 2007 ?

            Les paris sont ouverts !

 

 

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Published by Tidiane Diakite - dans SOCIETE
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