Dimanche 11 octobre 2009

 A QUAND LA SORTIE DU TUNNEL ?

Le cas de la Guinée mérite réflexion. Cas symptomatique à plus d'un titre.
- la géographie : un pays outrageusement doté par la nature. Pays  aux  richesses fabuleuses où la population cependant croupit dans la pauvreté et de dénuement.
- l'histoire : la difficulté à se gouverner selon des principes démocratiques simples, qui respectent la personne et le droit.

Le 28 septembre 1958, la Guinée, par la voix de son leader Sékou Touré, à la tête du Parti démocratique de Guinée, dit non, avec véhémence et outrance, au nom de la liberté et de la dignité, à la proposition du Général de Gaulle de former "l'Union française" comprenant la France et ses anciennes colonies.
La Guinée fit le choix de l'indépendance, première colonie d'Afrique à sortir ainsi du giron de la France.
Sékou Touré, le premier et charismatique président, suscita, par cet acte héroïque face à la France, respect et admiration en Afrique et dans le monde.
Après 26 ans de "règne", il laissa à sa mort, un bilan des plus calamiteux :
- des milliers de morts, fusillés ou pendus,
- des millions de Guinéens contraints à l'exil,
- un pays exsangue, sans économie ni perspective,
- des Guinéens désemparés.
Dans la capitale Conakry, en 1984, les chèvres erraient dans les ministères vides et délabrés.
Le nouveau chef de l'Etat guinéen autoproclamé en 2008, transforma la fête nationale du 28 septembre 2009 en véritable carnage national : 157 morts recensés et 1253 blessés sous les balles de sa garde prétorienne.
La capitale guinéenne a été le théâtre des journées les plus sanglantes du dernier quart de siècle sur le continent africain. (Ouest-France, 29 septembre 2009).
Ce "capitaine-chef d'Etat", D. Camara, avait succédé à un "général-président", L. Conté, arrivé également au pouvoir par un coup de force, avant de mettre le pays en "coupe réglée" pendant 24 ans. Il eut en ligne de mire, durant cette période, ceux qu'il qualifiait de "droits de l'hommistes" et qu'il jurait d'exterminer totalement dans son pays. En la matière, il est loin d'apparaître comme une espèce rare en Afrique.
Comment expliquer que les dirigeants africains qui se sont gargarisés des mots  "liberté" et "démocratie" avant l'accession à l'indépendance, soient aujourd'hui dans l'incapacité de gouverner selon ces principes démocratiques qu'ils prônaient ?
Faut-il incriminer une certaine culture ancienne ou une main extérieure ? Sans doute les deux.

S'il a pu y avoir à la tête de la Guinée ce chef d'Etat autoproclamé en 2008, responsable de tant de morts et de blessés, en une seule journée en 2009, c'est qu'avant lui ce pays connut un chef d'Etat du nom de Sékou Touré qui régna en maître absolu pendant 26 ans, auquel succéda un général-président, Lansana Conté, arrivé au pouvoir à la faveur d'un putsch, et qui régna sans partage 24 ans durant.
Dadis Camara est le fils posthume de ses deux prédécesseurs. Il est né de la même culture politique, il agit et agira, mû par la même culture politique. Après lui, un autre ? De la même filiation ? Qui se nourrira de la même culture politique ?




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Dimanche 4 octobre 2009

                DES NUANCES NECESSAIRES

              Deux messages reçus me rappellent opportunément qu'il y a tout de même quelques rares voix féminines discordantes, au Mali, qui se sont exprimées en faveur du nouveau code de la famille (qui vient d'être renvoyé aux députés pour un second examen).
              Que c'est réconfortant !
              Mais leur voix est si faible et celle de la majorité est si forte !
              Fines gouttelettes dans la marée hurlante !
             N'empêche, même minoritaires, ces voix, heureuses exceptions, méritent admiration et respect. Gouttelettes si précieuses, parce que si rares !
            Je souhaite donc apporter la nuance nécessaire en citant quelques réactions de femmes, sans doute parmi d'autres (mais peut-être plus discrètes ? ).

           - Une  enseignante :  

 De nombreuses filles mariées à 10, 11 ou 12 ans sont décédées ces dernières années dans la région de Kayes. Le nouveau code permettra d'interdire ce genre de situation, car les coupables seront désormais punis et condamnés à une amende.

           - Une autre enseignante :

Le Mali n'est pas un Etat fort ni un pays de droit. Dans un pays où 51% de la population sont des femmes, il est lamentable de renvoyer un tel code qui protège les femmes, à la relecture ...

           - Une étudiante :


          Enfin Mme Sira Diop, la première bachelière du Mali, ancienne enseignante, ancienne présidente de l'Union Nationale des Femmes du Mali, continue, à 80 ans passés, à militer en faveur de l'émancipation des femmes et au sein d'associations diverses, nationales et internationales à caractère humanitaire comme SOS Village d'enfants ... Pour elle ce nouveau code constitueAvec ce code, je suis fière de mon pays. Il ne faut surtout pas le changer.
 une réelle avancée pour les femmes.

Les femmes vont mieux connaître leurs droits et avantages. Mais pour les femmes analphabètes, qui sont soumises à leur mari, on peut comprendre leurs réactions vis-à-vis de ce texte. Or celui-ci, s'il doit être promulgué, poussera les femmes à davantage s'émanciper et à prendre en main leur destin. Par exemple, le code stipule la séparation des biens entre conjoints en cas de monogamie ; ceci est une forme d'avancée. Avant, tout ce que la femme gagnait appartenait à son mari. Si un homme avait une dette envers sa femme, celle-ci était automatiquement annulée du fait de la coutume, et si c'était l'inverse, la femme restait redevable à son mari. Ces situations liées à la tradition minimisaient le statut de la femme ... Il faut que ce code passe ... Nous autres femmes, nous avons lutté pour ce code depuis les années 50 ...
J'ai l'impression que le Mali est un pays qui est en train d'être envahi par le fondamentalisme religieux venu des pays arabes.
                                           (interview accordée au "Journal du Mali" le 27 août 2009) 

               Mme Diop dans cette interview, met précisément le doigt sur la principale explication du rejet de ce texte par une majorité de femmes au Mali :
              - la coutume, la tradition,
              - l'influence de l'islam.
            
             A l'aliénation de la femme par certaines traditions s'ajoute celle due à une religion dont les hommes se sont servis pour asseoir leur domination sur la femme. En effet, la force de la tradition pèse lourdement sur la femme au Mali car "le propre de la coutume est de rendre  normales  des choses qui ne le sont pas" (Mark Twain). Quant à la religion, elle aussi marque fortement les esprits. Cette double aliénation en effet, rend toute ouverture difficile aux femmes, surtout analphabètes. Il est compréhensible dans ces conditions que les notions : égalité homme-femme, droit des femmes, émancipation de la femme ... aient si peu de  résonance au Mali.


                                                                                                                         
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Dimanche 27 septembre 2009
LE DIALOGUE OU LE CHAOS ?

        Plusieurs semaines avant la réunion du G20 à Pittsburg aux Etats-Unis, des critiques systématiques et des protestations enflammées ont été entendues sur son inutilité, voire sa nocivité.
       Je ne suis pas de ceux qui pensent que les rencontres entre dirigeants du monde sont dénuées d'intérêt. Quel qu'en soit le résultat, ces rencontres donnent toujours matière à réflexion sur l'état du monde.

                     POURQUOI ?

         - D'abord parce que je préfère le G20 au G8. Cet élargissement à d'autres pays est porteur de sens.
         - Parce que chaque fois que des dirigeants du monde se réunissent pour parler du monde, de ses plaies, de ses larmes et de ses espoirs, de son avenir, cela constitue toujours une avancée.
        Aucun sommet, aucune institution internationale ne peut résoudre d'un coup de baguette magique les contentieux du monde.
       - Parce qu'en matière de relations internationales, la main tendue vaut toujours mieux que le poing fermé.
      - Parce que, le pire pour toutes les nations du monde, petites ou grandes, c'est le silence dans lequel on s'ignore et qui ignore.
      - Parce qu'enfin, si l'on s'oppose au dialogue des nations, on aura le vide, c'est-à-dire le pire.

      D'aucuns protestent parce que les membres de ce G20 ne sont pas mandatés par leurs peuples. Mais ils ont été élus chez eux, normalement, c'est-à-dire démocratiquement, par leurs concitoyens. L'essentiel étant qu'ils représentent dignement à la fois leurs peuples et le monde et qu'à l'issue du sommet, ils en fassent un compte rendu honnête, en débattent démocratiquement et en tirent les leçons avec leurs peuples.
      Lors de la grande crise mondiale des années 30, toutes les nations du monde se sont tourné le dos, se murant dans leur égoïsme national, dans la tourmente économique, mijotant leur "petite cuisine" sous le "petit toit" de leur "petite chapelle" fermée, barricadée, regardant les autres comme des concurrentes, mieux, comme des ennemies à qui on ne parle pas, qu'on ne ragarde pas. On sait la suite.
      La crise se transforma en monstre hideux pour dévorer la paix et ensanglanter le monde.  Ce monstre s'étant nourri entre temps des silences, des égoïsmes, accoucha des totalitarismes qui à leur tour accouchèrent de la 2e Guerre mondiale.
 
Le silence détruit, le dialogue construit.






        
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Dimanche 20 septembre 2009

JEUNESSE ET RELIGION AU MAROC : ISLAM EN TERRE D'ISLAM


Lu pour vous
                                       ( Ouest-France, 19-20 septembre 2009)


Que pense le Mali de ce M.A.L.I. du Maroc ?


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Mercredi 16 septembre 2009

 

Réflexions sur l'actualité de l'Afrique : plus de questions que de réponses.
Un exemple de confrontation d'idées avec des personnalités de divers horizons.
voir

http://pagesperso-orange.fr/ouestsante/Saint%20Ave%20Afrique.htm
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