Dimanche 19 juillet 2009

             

               QUE FALLAIT-IL ENSEIGNER DANS LES COLONIES ?

                Dans les années 1920-1930, un débat agita les milieux intellectuels aussi bien en métropole que dans les colonies. Il s'agissait de savoir notamment s'il fallait ou non ouvrir l'enseignement supérieur aux sujets coloniaux. On s'avisa d'abord de faire venir à l'Ecole Normale d'instituteurs d'Aix-en-Provence de jeunes "maîtres" sortis de l'Ecole Normale William Ponty (de Gorée, au Sénégal, à l'époque). La suite nous est révélée par Jean Suret-Canale :

              
Ces normaliens, âgés de 25 ans et plus, y furent isolés des normaliens français, soumis à une surveillance tracassière, allant jusqu'au contrôle des lectures et à la censure des correspondances. Deux furent licenciés en 1923 par le gouverneur des colonies, Carde, pour "mauvaises notes", un troisième en 1924 sur dénonciation du directeur de l'Ecole Normale comme "sourdement hostile à l'administration française".

              L'expérience fut brutalement interromprue mais le débat ne fut pas clos.

              
En 1927, l'instituteur, Dupont, alors directeur de l'Ecole Normale W. Ponty, obtint un arrêté créant en AOF (Afrique Occidentale Française), les examens du brevet élémentaire et du brevet supérieur, sur les mêmes bases qu'en France, et rattachant l'AOF à l'académie de Bordeaux. Ainsi les instituteurs africains auraient été conduits à préparer et à obtenir les mêmes diplômes que leurs collègues français. Cette décision souleva un tollé des milieux coloniaux, et tout spécialement de certains instituteurs européens estimant inadmissible que les futurs instituteurs africains puissent avoir les mêmes titres qu'eux, voire pour certains des titres supérieurs et prétendre ainsi à l'égalité de situation et de traitement.

                
Dupont rappelé en France, l'arrêté ne fut jamais appliqué et il fut désormais décrété que les petites têtes africaines n'étaient guère faites pour l'enseignement supérieur.
                (Mais cette vision sera vite démentie par l'histoire et les faits comme nous le verrons prochainement.)


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Samedi 11 juillet 2009

                                                      






LAICITE A LA FRANCAISE OU BURQA A L'AFGHANE ?

         Dans un forum ouvert par le quotidien Ouest-France (09/07/09) concernant le port de la burqa, ce sont exprimés :
          - un philosophe : Abdennour Bidar, auteur de "L'Islam sans soumission, Pour un existentialisme musulman" (Albin Michel)
          - un membre de l'Union des Organisations Islamiques de France (UOIF) : Azzedine Gaci
          - la présidente de "Ni Putes Ni Soumises" : Sihem Habchi
         - Antonella Caruso, islamologue, auteure de "Au Nom de l'Islam ... Quel dialogue pour les minorités musulmanes en Europe ?"

           Pour Abdennour Bidar "cette burqa me paraît incompatible avec notre conception de l'espace public, espace de partage, d'échanges, de rencontre, de dialogue ... La burqa quelles que soient les raisons de la personne qui la porte, paraît comme un mur."
          Azzedine Gaci estime, quant à lui, que "le port de la burqa n'est pas compatible avec l'espace public".
          Pour Sihem Habchi un "voile intégrale pour cacher le corps des femmes ... c'est non ... la République protège chaque individu quels que soient son sexe, sa religion, sa couleur de peau. Ainsi, elle ne peut accepter que certaines soient hors champ social et donc hors démocratie."
          Enfin pour Antonella Caruso, "une femme peut s'habiller comme elle veut ... Le port de la burqa fait partie de cette liberté qu'il faut protéger ..."

          Qu'est-ce donc que la Liberté ?

         La liberté sans limites ne peut entrer dans la définition commune de la liberté. Notre seule condition d'être humain, d'être social, impose quelques limites qui donnent sens à la liberté.
         Peut-on imaginer une liberté absolue, hors du champ social dans lequel nous baignons ? Autant parler de liberté de la jungle.
         Dès lors, pourquoi ne se promènerait-on pas nu ou presque, avec comme tout vêtement un bout de tissu posé sur la tête ?
         En maillot de bain dans les rues de la ville ?
         Naturellement, tout peut être imaginé. Mais un minimum de codes sociaux constitue en soi, dans une société, des limites consenties à la liberté. Une femme pas plus qu'un homme ne peut s'habiller, se promener, dans l'espace public, par essence espace partagé, sans égards pour les règles qui régissent la société qui l'intègre.

         S'agissant précisément de cette burqa, que l'on puisse discuter de la pertinence d'une loi, oui ; mais qu'on décide de laisser faire, sans réflexion ni réaction "parce qu'une femme peut s'habiller comme elle veut", non.


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Lundi 6 juillet 2009

                          
      


LA LIBERTE EN MOUVEMENT


          "
Si bas que soient tombées les lois sous la puissance d'un seul, si intimidée que puisse être la liberté, tôt ou tard, elles se relèvent et percent, ou par de muettes protestations, ou par le scrutin secret des élections.
          La liberté qui fut un moment suspendue nous mord plus fortement au coeur que la liberté qui n'a jamais été perdue
."
                                                                      
Cicéron, Des devoirs

          L'aspiration à la liberté est une lame de fond que rien ni personne ne peut endiguer. La liberté en mouvement est indomptable. 
          Pour les autocrates, les apprentis autocrates, présents ou à venir ... A méditer.
 







Par Tidiane Diakite - Publié dans : POLITIQUE
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Dimanche 28 juin 2009


     LES PREALABLES DU VOTE DEMOCRATIQUE :
      LA PRESIDENTIELLE GABONAISE

                    

             Puisque le parti qui incarne l'opposition gabonaise est celui qui réclame le report de l'élection présidentielle a pour nom "Union Gabonaise pour la Démocratie", il va sans dire qu'il est bien instruit de ces règles et qu'au pouvoir demain, ou dans l'opposition aujourd'hui, il veillera à leur sticte application.
        
      L'opposition gabonaise réclame un délai de cinq à six mois pour organiser l'élection présidentielle après la mort d'Omar Bongo. Seule façon selon elle de parvenir à "une élection libre, transparente et crédible", alors que la Constitution du pays prévoit un délai maximum de 45 jours après la prise de fonction du président par intérim. Ce  report est préférable au "cafouillage" ou à l'imbroglio.
             Ce souhait est en soi un signe de lucidité et de bon sens. Bien des
Constitutions africaines sont calquées sur celle de l'ancienne métropole, du moins dans la formulation des mots. Or les réalités sont bien différentes. Dans nombre de pays d'Afrique, on va aux élections comme à la foire. Les préalables incontournables qui garantissent la régularité et la validité du vote font défaut ; sans compter le financement de l'organisation des élections.
              - S'assure-t-on avant le vote de l'existence effecive de
listes électorales fiables, à jour ?
              - Sait-on le nombre d'électeurs potentiels inscrits ?
              - Sait-on le nombre de
bureaux de vote, de bulletins imprimés ?
              - Sait-on le nombre et la qualité des urnes ?
              - S'assure-t-on que les
isoloirs sont rigoureu- sement aménagés ?
                
               Autant d'éléments parmi ceux qui fondent le vote démocratique.  Cette rigueur dans la prévision et l'exécution induit justice, transparence, respect des électeurs et des candidats, le tout antinomique de contestation, de désordre et de violence. Bien des contestations postélectorales en Afrique proviennent de ces défaillances possibles.
               La
démocratie a ses règles dont l'apprentissage et le respect s'imposent. Le vote ne s'improvise pas. Il est l'aboutissement d'une organisation, avec en amont, recherche, précision, rigueur, sens de l'étique ; tout le contraire de l'amateurisme. 
               Le
mot ne fait pas le démocrate. On ne peut être démocrate en ignorant ou en bafouant sciemment les règles de la démocratie.

                                                        
             

Par Tidiane Diakite - Publié dans : POLITIQUE
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Dimanche 21 juin 2009

                                      


LE GABON ENTRE REDEMPTION ET REGRESSION

               La succession du "Président-Monarque" Omar Bongo sera-t-elle une simple formalité dynastique qui voit le fils succéder au père, ou le signal d'une rupture avec les moeurs largement partagées sur le continent, où la Constitution est taillée à la mesure (et selon le bon vouloir) du chef, et où le fils, adoubé dès la naissance, enjambe le texte fondamental de la nation pour se hisser au sommet de l'Etat, comme au Togo ou en République (dite) Démocratique du Congo ?
               Cette succession sera-t-elle une investiture dynastique ou au contraire l'éveil de la Démocratie où le chef de l'Etat est issu du suffrage honnête des citoyens ?
                Il est temps que l'Afrique donne des gages en ce sens et qu'enfin, la majorité des citoyens se reconnaisse, par le respect de son vote, dans un responsable politique de premier plan, à la tête bien faite et aux mains propres.
               En l'occurrence, les Gabonais, comme ailleurs en Afrique, sont en droit d'exiger que l'on donne aux vocables République, vote, démocratie, citoyens, leur sens véritable.
                Le cas du Gabon a valeur de test pour l'ensemble du continent. La Démocratie enfin ? C'est-à-dire le respect des citoyens, de leur personne, leurs droits, leurs biens, des biens de la nation ? L'Afrique a aujourd'hui besoin de justice et de vérité pour éviter la violence. Le respect ou non de ces valeurs fera que l'Afrique et les Africains seront respectés ou non.



Par Tidiane Diakite - Publié dans : POLITIQUE
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